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La poésie – la princesse du bal de Bucarest

Festival International de Poésie – 15ᵉ édition

Axia et CristianaFestival Poésie
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par Alla Stâncaru Luncă

Septembre 2025

Dans un monde de plus en plus déchaîné, à une époque où il semble que nous oublions parfois jusqu’à notre propre être, certains s’obstinent à écrire des vers. Nous les appelons poètes. D’autres s’obstinent à lire de la poésie, au risque d’être considérés comme démodés. Nous les appelons lecteurs ou amoureux du beau. Et puis, il y a ceux qui veulent à tout prix les réunir. Et ils y parviennent. Comme le fait Ioan Cristescu, directeur du Musée National de la Littérature Roumaine, avec l’équipe de cette prestigieuse institution culturelle. Sans ce désir et sans des efforts soutenus, le Festival International de Poésie de Bucarest n’aurait pas atteint sa 15ᵉ édition.


« La poésie n’est pas un luxe, mais une nécessité discrète. À une époque où les sens se dissipent facilement, elle demeure un exercice de lucidité, de résistance intérieure et, en même temps, une forme essentielle de réflexion et d’émotion partagée. » — déclarait Ioan Cristescu, Radio România Cultural.

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L’événement, qui s’est déroulé du 15 au 21 septembre, a réuni cette année des poètes venus de plus de 30 pays, répartis sur 4 continents — près de 200 serviteurs de la plume en vers. Les participants ont vécu une expérience multiculturelle riche : lectures publiques, expositions, conférences, performances et moments musicaux. Des noms prestigieux de la littérature roumaine — citons seulement quelques-uns : Ana Blandiana, Magda Cârneci, Ruxandra Cesereanu, Dinu Flămând — aux côtés d’auteurs étrangers, ont lu leurs créations sous les applaudissements enthousiastes du public.

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Lors d’une des journées du Festival, dans l’Aula de la Bibliothèque Centrale Universitaire « Carol I », s’est tenue une rencontre avec des poétesses francophones venues à Bucarest depuis des milliers de kilomètres, de divers pays. La soirée littéraire en langue française s’est déroulée en présence exceptionnelle de M. le Dr David Bongard, premier conseiller de la Représentation de l’Organisation Internationale de la Francophonie pour l’Europe Centrale et Orientale. Le modérateur de la soirée fut Dan Burcea — écrivain, essayiste et critique littéraire, installé en France.

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Deux artistes roumaines venues également de France ont honoré l’événement : la pianiste Axia Marinescu et Cristiana Eso — poétesse et artiste lyrique.

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Axia Marinescu, considérée par Radio Classique (Paris) comme « une pianiste charismatique, au toucher varié et coloré », est une artiste franco-roumaine, lauréate de plusieurs concours nationaux et internationaux. Elle débute à l’âge de 11 ans aux côtés de l’Orchestre National Radio de Bucarest et sur la scène de l’Athénée Roumain. Elle a étudié au Conservatoire de Lausanne, à l’École Normale de Musique de Paris et au Conservatoire Royal de Bruxelles.

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Depuis 2009, la pianiste s’est installée à Paris et devient, en 2013, la première artiste roumaine invitée à se produire lors de la cérémonie de remise de la distinction française de la Légion d’Honneur. Axia Marinescu s’est produite en concert, tant en solo qu’avec orchestre, à travers l’Europe (Paris, Bordeaux, Toulouse, Munich, Palerme, Athènes, Bucarest...) ainsi qu’en Asie (Shanghai Oriental Art Center, Poly Grand Theatre, etc.). Elle est une invitée régulière de plusieurs festivals de piano prestigieux : Piano aux Jacobins, Piano en Valois, Palermo Classica, L’esprit du piano. En septembre 2018, elle a sorti le CD intitulé Introspections chez le label français Polymnie, avec des œuvres de Mozart, Brahms et Debussy. Elle a également enregistré au fil du temps pour la radio et la télévision en Europe et en Asie. En 2022, Axia Marinescu a initié un projet discographique dédié à la redécouverte et à la revalorisation du répertoire de danse pour piano, composé par des femmes françaises, depuis la période baroque jusqu’à l’époque contemporaine. L’album, intitulé Les femmes dansent, a été enregistré à la Salle Gaveau et s’est classé dans le top 10 des meilleures parutions discographiques en France, ainsi que sur les plateformes internationales de streaming. La pianiste évolue également dans le domaine de la musique de chambre, aux côtés de partenaires tels que Leontina Văduva, Viorica Cortez, le Quatuor Enesco et bien d’autres. Elle est diplômée en philosophie de l’Université de Paris. Ses articles et essais ont été publiés en Roumanie, en France et en Allemagne.

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Dans l’interview ci-dessus, Axia affirme que la musique et la philosophie s’accordent à merveille dans son âme et dans sa vie. « Rousseau et moi » est son dernier projet — un concert dédié à la relation intime entre musique et philosophie, ayant pour personnage central le célèbre penseur Jean-Jacques Rousseau, dans sa facette moins connue de musicien. L’artiste a elle-même rédigé le texte de ce concert-spectacle, guidée par le fil conducteur de l’influence incontestable exercée par le philosophe de langue française, ainsi que par l’héritage qu’il a légué au domaine de l’art. « L’imaginaire musical de compositeurs tels que Mozart et Haydn, ou la sensibilité tendre du courant romantique, trouvent leur source d’inspiration dans la pensée de Jean-Jacques Rousseau » — affirme la pianiste et philosophe Axia Marinescu.

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Cristiana Eso est née à ConstanÅ£a, ville d’exil du poète Ovide. Elle vit actuellement en France, mais n’a jamais oublié que la Roumanie est sa patrie de cœur. Elle est diplômée de la Faculté de Langue et Littérature Françaises de l’Université Nancy 2, Département des Lettres, où elle a soutenu son mémoire de licence en littérature comparée : Le mot dans l’œuvre d’Alain Bosquet dans « Cent notes pour une solitude » – dans le volume « Nœuds et signes » de Nichita Stănescu. Par ce travail, Cristiana Eso a souhaité présenter le poète Nichita Stănescu au public universitaire français. Elle est l’auteure des volumes : Carte pentru Oma El (Ex Ponto, 2001), Ordinea precisă a întâmplării / La Mécanique du hasard (Ex Ponto, 2004), ÎnălÅ£area / L’Assomption (Ex Ponto, 2006) et Artizanii Invizibilului / Artisans de l’Invisible (Éditions Marsa, 2019). Elle a été remarquée par Ana Blandiana, qui l’a recommandée à l’Union des Écrivains. Dès la publication de son premier recueil de poésie, Alex Ștefănescu l’a qualifiée de « promesse de la poésie roumaine ».

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Elle a reçu le Prix de l’Union des Écrivains pour ses débuts en poésie (2002), le Prix Ovidius (2003), le Prix des Éditions Ex Ponto (2005) et le Prix de la filiale Dobrogea de l’Union des Écrivains (2019). Depuis 2001, elle publie des poèmes dans les revues România literară, Tomis, Ateneu, Poesis, Convorbiri literare, Cronica literară, entre autres. Elle est membre de l’Union des Écrivains de Roumanie – filiale Dobrogea.

Cristiana Eso a également suivi des études musicales au Conservatoire de Nancy. En France, elle signe des spectacles musicaux pour la jeunesse et participe à divers festivals et événements multiculturels et transdisciplinaires (musique, arts plastiques, poésie). Le bel canto lui permet de partager son temps entre le travail scénique, en tant qu’artiste du chœur de l’Opéra de Limoges, et l’écriture. Elle s’est donné pour mission de promouvoir le patrimoine culturel roumain. Parmi ses mélodies préférées figurent celles de George Enescu, Gheorghe Dima, Eduard Caudella et Tiberiu Brădiceanu — œuvres qu’elle a présentées cette année dans le cadre du Festival International de Poésie.

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Vous pouvez écouter l’interview réalisée à la fin du festival avec les deux artistes.

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​                                                                                                                            direction technique Oana Popescu

Projet financé par le Département pour les Roumains de Partout (mai – octobre 2025)

https://dprp.gov.ro/web/

Le contenu de ce matériel ne reflète pas la position officielle du Département pour les Roumains de Partout

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