
Eglise Orthodoxe Roumaine
9 Rue Jean de Beauvais, 75005 Paris, France
« La vie d'un peuple se fonde et se perpétue par sa spiritualité. [...] L'église des Saints-Archanges est, pour la Roumanie, non loin de Notre-Dame, ce lieu spirituel, gardien de la vie envers et contre toutes les vicissitudes historiques et personnelles, qui là, se transforment en espérance.» (Eugène Ionesco, de l'Académie française, membre de la communauté orthodoxe roumaine de Paris)
Anciennement chapelle du collège de Beauvais, construite en 1375, l’actuelle Cathédrale Orthodoxe des Saints-Archanges, est un des rares vestiges des collèges du Moyen Age. Observez les décorations de style gothique. On dit que la première pierre fut posée par le roi Charles V à la mémoire de son chancelier, le cardinal Jean II de Dormans, évêque de Beauvais. Des personnalités comme le dramaturge Savinien de Cyrano de Bergerac, l’écrivain Charles Perrault ou Nicolas Boileau y étudièrent. En 1865 les Dominicains achètent l’église et font réaliser les vitraux que nous pouvons encore admirer à l’intérieur. En 1882 elle devient l’Église orthodoxe roumaine avec le soutien du gouvernement roumain et du roi Carol I; elle était située antérieurement au 22 rue Racine, non loin d’ici. A l’arrivée du communisme, ses représentants décident de se séparer du Patriarcat roumain et de continuer son administration en tant qu’association. La réunification s’est faite en 2009 et la même année, l’église est devenue Cathédrale métropolitaine.
L’histoire des Roumains à Paris est étroitement liée à la vie de la communauté orthodoxe roumaine. Si vous en regardez la façade, vous pouvez voir deux plaques en l’honneur de Brancusi, à côté de celle à la mémoire de Jean-Louis Calderon, journaliste français mort pendant la révolution roumaine, en ‘89. Brancusi y travailla pendant quelques années, dès son arrivée en 1904, en tant que chantre. Plus tard, dans les années ‘40, Emil Cioran venait ici, à la bibliothèque pour trouver des livres en roumain. Mircea Eliade et Georges Enesco étaient membres du conseil paroissial et Ionesco, Marthe Bibesco ou Henri Coanda s’y rendaient régulièrement. « Début 1990, en un moment d’allégresse teinté d’une forte émotion, tous les Roumains de Paris fêtèrent ici avec le roi Michel la chute du communisme. » (1)
A quelques pas d’ici, nous trouvons la statue de Mihai Eminescu, le poète national de la Roumanie, sculptée par Ion Vlad.
Source: 1. Jean-Yves Conrad, “Roumanie, capitale…Paris”, Ed. Oxus, 2003, p. 41.
