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Sanda Stolojan – Contempler un crépuscule serein depuis le balcon de l’exil roumain à Paris

despre Sanda StolojanAna Blandiana
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par Alla Stâncaru Luncă

Octobre 2025

     Je me suis permis un jeu de mots dans le titre ci-dessus, inspiré de quelques ouvrages de Sanda Stolojan. Je dis « quelques » car Sanda Stolojan a publié de nombreux volumes, tant en France qu’en Roumanie. Elle fut essayiste, poétesse, auteure de monographies et de journaux de mémoires.

     Mais elle n’était pas seulement une auteure. Sanda Stolojan fut une combattante pour les droits de l’homme et pour le changement de régime en Roumanie. Elle a mené ces combats depuis l’exil, avant 1989. Elle venait d’une famille – une véritable dynastie – de diplomates. Elle ne se contentait pas de s’intéresser aux problèmes de la Roumanie, elle souffrait profondément de ce que vivaient les Roumains restés au pays. En partant, elle laissait derrière elle des proches, des amis, des souvenirs.

      Elle eut la chance de passer son enfance et de faire ses études à l’étranger. Il était naturel pour elle de vouloir vivre dans un pays où l’on peut rêver, penser librement et exprimer ses idées sans craindre qu’elles soient interrompues de manière perverse ou brutale. Georgeta Filitti – historienne réputée, chercheuse à l’Institut « N. Iorga » de l’Académie Roumaine (1961–1998) et à l’Institut National pour la Mémoire de l’Exil Roumain – écrivait dans un article publié dans Ziarul Metropolis :

« On devait se considérer chanceux si quelqu’un de l’Occident payait une somme de 6 à 10 000 dollars aux autorités roumaines – autrement dit, ‘les achetait’. Et pourtant, de telles choses se sont produites. Par centaines. Sanda Stolojan (1919–2005) était la petite-fille du diplomate et écrivain classique roumain Duiliu Zamfirescu. Son père, Alexandru Zamfirescu, était également diplomate. Elle a passé son enfance à Rome, Berlin, La Haye, Copenhague, São Paulo, Lisbonne, Varsovie. Diplômée en philologie, elle fut regardée avec suspicion par la Securitate. Elle travailla comme traductrice, puis fut ‘achetée’ par la famille de son mari installée en France. Elle devint traductrice officielle pour la langue roumaine auprès des présidents français : Charles de Gaulle (elle a écrit le livre Avec Ch. de Gaulle en Roumanie), Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand. En parallèle, elle fonda la revue Cahiers de l’Est, destinée aux intellectuels de l’Europe de l’Est. »

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     Sanda Stolojan fut membre de la Ligue des Droits de l’Homme à Paris, aux côtés de Maria Brătianu et Mihnea Berindei. Elle fonda, avec Dumitru Èšepeneag, la revue littéraire Les Cahiers de l’Est (Paris, 1975). Elle publia des chroniques littéraires et des essais dans Journal de Genève, Esprit, Le Monde, L’Alternative, Lettre Internationale, ARA Journal, ainsi que dans les revues culturelles roumaines de l’exil : Revista Scriitorilor Români, Cuvântul Românesc, FiinÈ›a Românească, Limite, Ethos, Contrapunct, Dialog, Journal of the Romanian American Academy of Arts and Sciences. Elle fut amie avec Constantin Noica, avec qui elle entretint une longue correspondance.

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Ana Blandiana m’a parlé de Sanda Stolojan dans une interview que j’ai réalisée récemment.

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Alla Stâncaru-Luncă :
Madame Ana Blandiana, pourquoi m’avez-vous proposé de parler de Sanda Stolojan ?

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Ana Blandiana :
Parce qu’elle fut l’une des figures emblématiques de l’exil roumain. J’ai connu Sanda Stolojan, je crois, chez Maria Brătianu. Chaque fois que j’arrivais à Paris, Maria Brătianu nous invitait à dîner chez elle, et c’est ainsi que j’ai rencontré plusieurs Roumains de l’exil. Elle est venue en Roumanie, bien sûr elle a visité le Mémorial, puis elle est venue chez nous, à Bucarest, à l’Alliance.

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L’interview complet peut être écouté en format audio.

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Projet financé par le Département pour les Roumains de Partout (mai – octobre 2025)

https://dprp.gov.ro/web/

Le contenu de ce matériel ne reflète pas la position officielle du Département pour les Roumains de Partout

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